samedi 23 juin 2007

VD-D...



Si cela ne vous dit rien, c'est que vous n'êtes pas chocoholic, et c'est dommage pour vous ! En ce cas, malheureuse personne, je vous explique. VD-D, ce sont des initiales magiques. Non, il ne s'agit pas d'une fusion entre Vuitton, Dior et un Donut. Ces jolies initiales appartiennent à Virginie Duroc-Danner, artiste chocolatière de son état. Je vous entends déjà... : "Quoi ! Encore un billet sucré ?". Quand vous aurez lu ce qui suit, vous m'aurez comprise.

Présentement, je me dois d'être sincère (privilège de l'anonymat) je freine sec sur tout ce qui, dans un supermarché, se range ailleurs qu'au rayon fruits-et-légumes-yaourts-O%. Je fais des ampoules monstrueuses à mes petits pieds - qui me rappellent de façon douloureuse les douces années où j'étais ballerine - à force de détours alambiqués pour ne pas passer devant Sir Fauchon ou Dame Angélina. Tandis que mon chat se fait les dents sur le fil de ma souris, c'est une évidence pour un chat, je fais les miennes sur mes stylos, pour ne pas croquer à belles quenottes dans la tablette de blanc aux amandes qui me fait de l'oeil dans la bonbonnière. Pour ne pas planter rageusement ma cuillère en argent dans le pot d'Ice-cream "New-York Super Fudge Chunk" qui me fait du pied. Je passe devant les boulangeries le bec fermé à triple tour pour ne pas baver et tacher ma jolie robe. La crise d'hypoglycémie, cela ne marche plus, ma mère sait pertinemment que je ne suis pas enceinte, et ce n'est pas non plus mon anniversaire...

Bref, je souffre. Tout cela, ce n'est pas pour jouer au copié-collé avec Kate, non, non, j'ai fait le deuil de tout cela. Mes origines allemandes - cruelle génétique qui m'a portée de ce côté - et mon appétit légendaire m'empêchent ad vitam aeternam de ressembler un jour à un clone de Twiggy. Avec le temps, j'oserais même prononcer un timide "tant mieux". C'est dit du bout des lèvres, mais c'est sincère...
Non, c'est pour ne plus dire en chouinant que je ne veux pas sortir dîner parce que je ne rentre pas dans ma robe, et que oh ! comble de malheur, ma "robe empire" est au pressing. Pour ne plus dire que c'est tant pis pour les dix amis qui m'attendent en bas... on a qu'à leur raconter que je me suis cassée la jambe en sortant de mon bain. Pour ne plus dire "j'me sens pas belle" alors qu'il y a même pas Marc Lavoine pour me répondre Qu'est-ce que t'es belle (d'abord pourquoi la vie c'est pas comme dans les chansons, hein ?) !
Mais surtout, parce que lorsque vous vous regardez dans le miroir et que vous vous demandez qui est cette fille, là, devant vous, oui, cette fille aux contours pour le moins flous, que vous vous retournez, et qu'il faut se rendre à l'évidence, il n'y a personne... : il faut faire quelque chose !
Il y a pire que moi. Cependant, quand on est pas bien dans ses Converses... on est pas bien tout de même.

Je suis donc en pleine reprise en main de ma petite personne. Je maîtrise. Et, c'est extra, je peux écrire sur mes "Madeleines de Proust" sans prendre un gramme, alors, j'y vais à fond !



Cette parenthèse fermée, revenons à l'objet de mon post : Virginie Duroc-Danner. Dans la vie, il n'y a jamais de hasard. Chaque chose, chaque évènement a sa raison d'être. Virginie n'échappe pas à la règle. Parce qu'à l'heure où les hommes et les médias aimeraient que nous nous contentions d'un petit pois, à l'heure où nous faisons grise mine dès qu'il faut dénuder nos épaules... cette femme-fée a le don de nous rendre plus belles et plus heureuses.

Lorsque vous entrez dans le monde de Virginie, vous êtes cuite ! Il fut un temps où les chocolats, même les meilleurs, restaient des chocolats. Depuis Virginie, un chocolat est aussi accessoirement un bijou et un tableau. Parce qu'elle a la manie de la décalco, et le pinceau qui la démange, chaque pièce est unique, chaque chocolat précieux, chaque bouchée, un moment rare. On connaissait les défilés haute couture, place désormais aux défilés chocolatés ...


Après avoir fait ses études dans la prestigieuse "Académie des arts culinaires" : le Cordon Bleu, et un passage chez Lenôtre, Virginie se lance. Courageusement. Contre l'avis de tous. Elle est têtue Virginie - pourtant pas bretonne. Elle fait ses premiers chocolats... dans sa cuisine ! Mais elle les trouve trop... nus. Elle apprend l'art difficile de la décoration chocolatière. Elle vend son appartement. Quand nous, nous aurions rebroussé chemin - que nous n'aurions jamais vendu notre propre toît, n'y pensant même pas - Virginie elle, y croit et persévère. Passe ses 15 heures par jour à mettre au point ses bébés. Elle fait bien. Ses premiers fans émergent, le bouche à oreille fait son travail, et cela la "porte"... Reconnue avant d'être connue, elle fait dans l'originalité décidemment.

Parlons maintenant de ses chocolats, pardon, ses oeuvres d'art, car c'était au départ - si ! si ! - mon intention... Si Virginie décide de se lancer dans la fabrication d'un chocolat à la menthe, un gros bouquet de menthe embaumera l'atelier, si l'on assiste à la fabrication du chocolat "Ravage", on sort du laboratoire les vêtements imprégnés de l'odeur des noisettes caramélisées nécessaires à sa fabrication. Alors, qu'est-ce qu'elle nous propose Virginie ? De la douceur et de la violence - à choisir selon l'humeur - en carrés, en tablettes, en boîtes.


Pour preuve...

D'abord, des chocolats "prêts à croquer" : Folie (Ganache fruit de la passion), Frisson (Ganache menthe fraîche), Pulsion (ganache banane flambée), Rêverie (Ganache rhum-marron), Volupté (ganache framboise), Délire (ganache figue-porto), Caprice (praliné amande-café), Caresse (praliné noisette-cacahuète), Chance (praliné amande feuilletine), Evasion (praliné noisette, macadamia, pécan), Promesse (gianduja cacahuète salée... aïe aïe aïe !), Ravage (praliné noisette- nougatine), Tentation (praliné amande, noisette), Euphorie (caramel café), Rencontre (caramel au beurre salé), Révélation (caramel cassis), Hasard (pâte de fruits surprise), Prudence (ganache blanche-cerise amarena... re-aïe !)...

Des fantaisies "pour craquer" : comme les "Palets Je t'aime" pour les amoureux, parsemés de petites souris, le "Coffret Vraiment décibel décibel" pour les mélomanes, le "Puzzle Diabolique" pour les enragés.

Des boîtes "à rêver", toutes différentes et remplies des petites merveilles, au nombre de 8, 10, 20, 45, ou carrément 240 au prix de 400€... pour les millionnaires donc, les fous d'amour ou ceux qui ont de grosses et vilaines choses à se faire pardonner.

Des tablettes "à dévorer", comme "Piano", ma favorite, qui est une douce alternance de pâte d'amande pistache et de pâte de fruit à la framboise...

Enfin, depuis peu, Virginie propose des confiseries telles que de simples mais toujours irrésistibles marrons glacés, ou les très orignales "truffes marrons glacés"...



Il y en a un qui a de la chance, c'est Jean, tout rose, tout neuf, sa plus belle création (qui ne se mange pas) né au mois d'avril, qui pourra se taper les chocolats râtés (si cela existe...) de Maman, à l'oeil !

Les chocolats peuvent être réalisés sur commande spéciale, exclusive. Messieurs, à vos méninges pour faire craquer vos belles !

P.S. : A l'attention de mon futur chéri : si tu souhaites obtenir un second rendez-vous, tu sais ce qu'il te reste à faire...

http://www.vd-d.com/

vendredi 22 juin 2007

K-Jacques a dit...



... cours t'acheter une paire ! Une paire de quoi ? De Spartiates K-Jacques, pardi ! J'ai nommé les seules, les vraies, inspirées de la Grèce antique et made in St-Tropez...

Pour moi, ce sera une paire de Phytagore (image 1) - si cela pouvait me rendre meilleure en maths ? - à moins que ce soit une paire de Byblos (Image 2) du nom du mythique hôtel tropézien ? Vos avis sont les bienvenus... J'hésite entre les deux comme on hésite entre une menthe à l'eau ou un diabolo grenadine, je les aime tous les deux tout autant, je les descends l'un derrière l'autre... seulement, ici, le prix n'est pas le même. Une paire de K-Jacques, c'est un (bon) investissement !





Pour celles qui n'ont pas l'occasion d'aller à St-Tropez les jours prochains, ou qui, comme moi ne peuvent pas boire le village "en saison", la Maison a désormais son site, grâce auquel, oh miracle ! on peut faire attérir ces petites merveilles dans sa boîte aux lettres.

K-Jacques, tout le monde connaît (ou presque) mais Kézako vraiment ? Le "K", c'est pour Kéklikian. "Jacques", c'est simplement le prénom du fondateur. En 1933, ce réfugié - il a fuit le génocide Arménien - s'installe dans une petite échoppe de cordonnier, au 25 de la rue Allard, à Saint-Tropez, qui fait également office d'atelier de fabrication des sandales. Elles étaient faites sur mesure pour chacun des clients, très souvent des personnalités des Arts, du Cinéma, de la Culture, ou de la Politique, en villégiature à Saint-Tropez. Aujourd'hui, vingt personnes travaillent aux machines tous les jours pour notre plaisir. Rendons-leur hommage.

L'adresse est restée la même aujourd'hui, «l'échoppe» a fait des petits, la famille Kéklikian aussi. Georges, le frère aîné, imagine de nouveaux modèles et valide les créations. Bernard s’occupe de la partie commerciale et de la communication. Liliane, le « pied test », cherche les noms et tient une des deux boutiques avec sa fille. Elie, le cousin, est présent sur tous les fronts : création, commercial, et même coupe en début de production...

Les irrésistibles sandales se vendent aujourd'hui en Italie, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Suisse, dans les Antilles, aux USA, en Australie, au Japon...

"... les Spartiates Tropéziennes des Kéklikian courent aujourd'hui le monde. La mode aura beau nous faire les yeux doux, on en reviendra toujours aux basiques, à ces choses simples et authentiques qu'on aime garder et porter longtemps". Voici une phrase des Kéklikian que je leur vole (sans remords, vilaine fille) car elle résume en quelques mots ce que je pense de la mode. Mode que j'aime chic, décontractée et libre.


Parce que je déteste être démodée, je suis rarement la mode. Disons que je la regarde, de loin, (ou de près, lorsque j'ai le nez plongé dans mon Elle ou que j'observe la rue, à la terrasse du Flore, planquée derrière mes lunettes, l'air de pas-y-toucher). La mode me fait sourire souvent, rire parfois, pleurer de temps en temps (les soeurs Olsen) ... envie quelquefois. Alors, oui, j'avoue, je craque !


Je ne suis pas modeuse pour trois autres raisons :



  1. Je suis trop feignante - ou trop occupée ? - pour passer mon temps à chercher le petit pull qu'il "faut" porter ce mois-ci, le dernier sac au joli bras de Kate. Oui, d'accord, d'accord, Kate collectionne les K-Jacques, mais c'est un hasard... Il y eut aussi Picasso, Cocteau, Françoise Giroud. Pour les icônes de mode, vous repasserez !

  2. Quelques stars font la mode ? J'imagine très fort que j'en suis une, et cela fait du bien mon compte en banque. Et à moi au passage !

  3. Je suis née nue... euh... libre, et je veux le rester.

Je me pose toujours trois questions, avant d'acheter quoi que ce soit :



  1. "Cet achat verra t-il la lumière du jour dans deux ans ?". D'abord parce que je suis près de mes petits sous - je compte virer rentière - ensuite parce que mes goûts me portent naturellement vers les choses onéreuses.

  2. "Lorsque dans trente ans je regarderai de vieilles photographies, qu'en penserai-je ?". Je ne voudrais pas être forcée de louer un coffre-fort à la banque pour planquer mon album à cause de ce que j'avais sur le dos...

  3. "Cet article entre t-il dans le cercle ?". Je m'explique... La mode étant cyclique, je n'achète que du "qui-reviendra-dans-trois-ans", ou, mieux, du "qui-n'est-jamais-parti".

Voilà pourquoi j'aime les K-Jacques.

Dans les années 30, les Tropéziennes de K-Jacques existaient exactement sous la même forme qu'aujourd'hui. Un peu comme les ballerines "Cendrillon" de Repetto, que notre Brigitte nationale arborait déjà à ses jolis petons au même endroit, un peu moins de 30 ans plus tard - nous y reviendrons. Rien n'a changé, donc. Le seul qui manque au tableau aujourd'hui, c'est le fondateur, disparu en 1989...

Il existe aujourd'hui trois points de vente pour les naïades d'Athénopolis, un pour les parisiennes qui veulent un peu de soleil aux pieds, au 16 rue Pavée (4e).

Il n'y a vraiment qu'une fille pour écrire autant de lignes sur une paire de sandales...


http://www.lestropeziennes.com/

jeudi 21 juin 2007

Mon égérie...


J'ai nommé Elodie Navarre ! Je garde pour plus tard les Audrey, les Anouk et autres Jane... Elle n'a cependant rien à leur envier.

Sans doute avez-vous déjà croisé ce gracieux visage au détour d'un magazine ou d'un film, sans pouvoir mettre un nom dessus... Quelles en sont les raisons ? Peut-être la trop grande focalisation des médias et des filles branchouille sur les demoiselles Cotillard, Hesme, Sagnier, Sévigny ou Johansson. Le mal est réparé.

Qui est Elodie ? Née en 1979, d'origine Franco-Autrichienne, elle est repérée lors d'un casting sauvage, et fait ses débuts en donnant la réplique à Jean Rochefort. Mais, il ne s'agit là que d'un heureux hasard, car vers l'âge de 15 ans, elle s'était inscrite au Conservatoire d'art dramatique de son quartier... Elle a commencé par hasard donc, et a continué "par amour", dit-elle. Elle poursuit son petit bonhomme de chemin et se retrouve à l'affiche du joli "Love, etc." de Marion Vernoux. Quelques années plus tard vient "L'apprentissage de la ville", de Gérard Mordillat, dans lequel elle est Lucrèce. C'est ici que je l'ai découverte. Adapté du roman éponyme - que je vous invite à lire - de Luc Dietrich, qui n'a publié que deux livres autobiographiques avant de mourir accidentellement en 1944, L'apprentissage de la ville est plutôt "l'apprentissage de la vie". Celle de Luc, qui oscille sans cesse entre une très grande pauvreté et une vie luxueuse, hésite entre Lucrèce, une jeune fille qu'il idéalise et Arlette, plus âgée qui lui a sauvé la vie. Mais aussi entre la tentation ascétique d'une quête spirituelle, et celle, plus destructrice, du banditisme et de ses secrets. "Tu désires tout mais tu ne veux rien" lui reproche Arlette...



Pour continuer cette liste, très "non exhaustive"- très axée sur mes coups de coeur - elle joue en la même année dans "Le Prof" d'Alexandre Jardin, aux côtés de Jean-Hugues Anglade et d'Yvan Attal, et dans "Scènes de Crime" de Frédéric Schoendoerffer avec Charles Berling. Deux ans plus tard, elle partage l'affiche d'"A la folie ... pas du tout" de Laëtitia Colombani avec la fée Tautou, puis joue dans le sympathique "Jeux d'enfants" de Yann Samuell où elle a pour partenaires Guillaume Canet et Marion Cotillard. En 2005 - entre temps elle a tourné une dizaine de films - elle monte sur les planches dans "L'Autre" écrit et mit en scène par Florian Zeller et elle a pour partenaires Aurélien Wiik et le très doué Nicolas Vaude. Elle recommence l'expérience en 2006 auprès de Lorant Deutsch et Philippe Torreton, dans "Jean de La Fontaine, le défi" de Daniel Vigne. Elle enchaîne avec "Danse avec lui" de Valérie Guignabodet aux côtés de la plus déjantée des soeurs Seigner et du beau Sami Frey. Rien que ça... Pour terminer, je ne pouvais pas ne pas évoquer "Le Clan Pasquier", inspiré du roman du même nom de Georges Duhamel diffusé il y a quelques semaines sur France 2, réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe. Elodie y jouait une magnifique et bouleversante Cécile, pianiste émérite et malmenée par la vie. Ce qui me permet de placer dans ce billet le nom de Mathieu Simonet - accessoirement, fils de Jacques Perrin - qui y interprétait Laurent... comédien (et photographe) bouleversant de grâce, de sensibilité et d'intelligence.

Vous pourrez voir Elodie à la Comédie des Champs-Elysées à partir du 14 septembre, dans la pièce de l'américain Donald Margulies intitulée "En tout confiance". Elle sera accompagnée de la tout aussi faîche Barbara Schulz et du troublantJean-Pierre Lorit.
Pour le spitch, je laisse la parole à Michel Fagadau : Jonathan est devenu un peintre célèbre, une star de la peinture dont on s'arrache les tableaux "en toute confiance". A l'occasion d'une rétrospective de ses oeuvres, dans une galerie chic de Londres, il est à la recherche de la "muse" de son premier tableau, qui a plus ou moins décidé de sa carrière et dont il était tombé amoureux. Il l'a retrouve près de Londres et ces retrouvailles remettent en question son regard sur son art, sur sa vie, sur ses orginines. Dans cette comédie pleine d'humour, Donald Margulies reprend ses thèmes favoris : la rançon du succès, le problème de l'identité de l'individu dans cette société mercantile et régie par le paraître, ainsi qu'un plaidoyer pour la tolérance d'une ethnie à l'autre.

http://www.comediedeschampselysees.com/

mercredi 20 juin 2007

Ladurée, quand tu nous tiens...


... Tu ne nous lâche plus ! Et ce, depuis 1862, date à laquelle Louis-Ernest Ladurée, minotier, crée une boulangerie au numéro 16 de la rue Royale. Un incendie plus tard, la boulangerie devient pâtisserie, et la citrouille se fait carrosse ! Un jour, Jeanne Souchard, épouse Ladurée, a la merveilleuse idée de "mélanger les genres" et donne naissance à l’un des premiers salons de thé de la capitale, en mariant la pâtisserie et le café parisien. Les femmes peuvent venir se régaler en toute sécurité... ce qui n'est pas le cas dans ces derniers ! Un siècle et demi plus tard, elles hantent sans doute les salles moulurées du 16 rue Royale, se mélangeant à celles qui les ont aujourd'hui remplacées...

Il y a quelques temps, alors que je me demandais si j'allais céder à l'envie de créer mon blog ("Et si toute ma vie s'en trouvait changée ?", et si, et si...), je rêvais au thème de mon premier billet. Et je dois vous avouer que je revenais toujours à mon lieu d'orgies favori, le très connu et reconnu Ladurée. En voilà un qui trône en bonne place sur l'étagère de mes addictions.

Il existe des lieux si magiques que chaque visite reste gravée dans la mémoire. Des mets si raffinés qu'ils font appel à tous vos sens : la douceur d'une coque de macaron, le doux bruit de celle-ci qui craque, le parfum des amandes moulues, la ganache qui distille crescendo sa saveur sur la langue, le feu d'artifice visuel qu'est une assiette de ces petites merveilles. Ladurée, c'est cela.

Lorsque je pose mes souliers vernis et que je dépose mes petits paquets estampillés sur la moquette de la dite institution, dès cet instant, le temps suspend son vol. Macarons - craquants et croquants, croquants et moelleux - fleur d'oranger, rose, réglisse, griotte, marron... Religieuse à la violette, que l'on savoure à la fourchette... Saint-Honoré rose-framboise pour le piquant... ou fraise-coco pour la douceur... Ispahan, qui vous transporte... Elysées tout chocolat... Mes interdits volent en éclats, mon côté excessif prend le dessus !

J'aime m'y réfugier, lorsque la pluie fait des claquettes sur le bitume de la rue Royale... Me frayer un passage dans la queue interminable qui se bat pour emporter les derniers macarons caramel. M'installer, enfin, à une minuscule table ronde, souvent bancale. Me demander s'il restera cet éclair à la vanille qui hante mes soirées depuis quelques jours. M'interroger sur la désormais seule chose qui vaille la peine : deux, quatre ou huit macarons ? Rien que pour le plaisir de les monter "en pyramide" !






Le lieu ? J'aime sa moquette élimée, ses peintures aux tons pastels un peu passés. L'odeur des bougies qui se consumment en haut de l'étroit escalier. Ses lustres rutilants et son ambiance surannée. Sa devanture, d'un autre temps. Mais aussi le brouhaha ambiant, parfois insoutenable. Son personnel hautain et souvent désagréable. Le nuage de fumée de cigarette qui vous file sous le nez. Rien ne saurait troubler ce moment à moi, ce moment rien que pour moi.

Un Ange passe...

Je vais chez Ladurée comme on visite un vieil ami. Avec bonheur mais toujours songeuse. Je me demande, inquiète, si je vais le retrouver comme la fois précédente. Je me dis que c'est peut-être notre dernier moment ensemble. Puis, je ne veux plus repartir.

L'ultime question serait de savoir si les macarons, qui ont fait la renommée de la maison sont bien les meilleurs de Paris. Après tout, qu'importe, car c'est pour bien d'autres choses - aussi - que l'on vient ici...

Entre nous, si vous voulez être vraiment tranquille, faites un sacrifice. Abandonnez la rue Royale, son histoire, sa splendeur. Optez pour le salon de thé Ladurée du Printemps Haussmann, dans le 9e arrondissement : il n'y a pas un chat ! Et si par hasard, vous avez le bonheur d'être agréablement accompagnée, sachez que vous êtes à l'étage "joaillerie"...



En ce moment, Ladurée se met à l'heure de L'Inde, avec la collection Bollywood. Sous l’excentricité des couleurs de ces délectables pâtisseries, il y a le croquant et le moelleux d’une meringue, enveloppée d’une délicate crème aux différents parfums de fraise-grenadine, de menthe-chocolat, de citron-citronnelle ou de coco-framboise...
Et revisite sa "Jalousie" , en la déclinant dans les parfums fraise-rhubarbe, pistache-griotte et fruits exotiques. Sur une pâte croquante, vous tomberez sur le fondant d’une onctueuse crème d’amande aux différents parfums de fruits acidulés.
La Jalousie n’est plus un vilain défaut, mais une irrésistible gourmandise. C'est Ladurée qui le dit !

Depuis le 6 juin, le macaron "Grenadine", malicieusement recouvert de petits vermicelles sucrés a rejoint ses compagnes d'été, j'ai nommé Mesdemoiselles "Menthe glaciale" et "Noix de coco".


Et pour celles qui, comme moi, aiment collectionner les superbes boîtes de la Maison, la "boîte collection" de l'été 2007 reprend, beaux jours obligent, le thème des vacances et de la mer. Elle s'orne ainsi d'un coquin béret de marin, dès le 10 juillet.

Cependant, elle n'égale pas en beauté la boîte - tout aussi éphémère - crée par Pierre Frey, disponible depuis le 28 mai. Délicieusement 18 ème siècle, elle est habillé du magnifique et célèbre papier peint Braquenié du nom de "Chenonceaux", aux tonalités de bleu de style Louis XVI (destiné à l'époque, dixit Ladurée, à la décoration d'un boudoir féminin). Aux motifs animaliers et aux décors de fleurs, "Chenonceaux" évoque la nature des sentiments amoureux : le chien pour la fidélité, la rose pour l'amour, les épis de blé recourbés pour la fertilité, l'oeillet pour la passion partagée, et le palmier pour l'exotisme.
Une vision, certes, un peu idyllique de l'amour !


A bos boîtes ! prêts ? partez !



http://www.laduree.fr/

Je m'appelle Clara, j'ai 30 ans...


... et à mon âge, une fille normale lave déjà les slips de son prince charmant. Lui, c'est JP, mon colocataire et meilleur ami homo qui fait mes lessives. Je travaille avec lui à l'Hebdo. Comme on nous voit arriver ensemble au journal, nous papouiller et nous chamailler sans arrêt, tout le monde croit qu'on est ensemble, même ses parents. Après m'être prise une veste avec le beau photographe du journal, je suis rentrée à la maison. JP était aussi dépité que moi ; il s'était pris une veste de son côté. Peut-être parce qu'on avait trop envie l'un de l'autre d'être serrés dans des bras, on s'est retrouvé ce soir là à oublier qui on était l'un pour l'autre, pour n'être plus qu'un garçon et une fille assoiffés d'amour et de tendresse dans un lit…

Ce soir, France 2 rediffuse trois épisodes de la série Clara Sheller, alias The French Bridget Jones, avec la délicieuse Mélanie Doutey : "A la recherche du Prince charmant", "Intuition féminine" et "Etat secret".

A ne pas rater, donc, pour celles qui comme moi sont passées à côté en mai 2005 !